0 5 minutes

Écrit par Frode Skar, journaliste financier.

Vétéran de Wall Street : « Vendez tout ce que vous avez aux États-Unis »

L’un des investisseurs macro les plus expérimentés de Wall Street tourne désormais le dos aux actifs américains. Après 40 ans passés sur les marchés financiers, il estime que le rapport risque/rendement a changé – et il a déjà déplacé son capital hors des États-Unis.

Andy Constan sort totalement des investissements américains

Le fondateur et directeur des investissements Andy Constan de Damped Spring Advisors possède quatre décennies d’expérience à Wall Street. Il a notamment travaillé chez Bridgewater Associates, le fonds fondé par le célèbre investisseur Ray Dalio.

Son message est clair : il faut sortir des États-Unis.

Constan a commencé à réduire progressivement son exposition aux actifs américains au début de l’année dernière. En janvier, son portefeuille « long only » ne détenait plus ni actions ni obligations américaines.

Pour les investisseurs internationaux fortement exposés aux États-Unis, la question est cruciale : le poids américain dans les portefeuilles est-il devenu excessif ?


Quinze ans de domination américaine

Depuis la crise financière de 2008, les actifs américains ont nettement surperformé le reste du monde.

  • Les actions américaines, portées par la technologie, ont dominé
  • Les obligations du Trésor ont servi de valeur refuge
  • Le dollar est resté structurellement fort

Cette domination a attiré des flux massifs de capitaux vers les États-Unis. Mais lorsque la majorité des investisseurs sont positionnés de la même manière, le risque de retournement augmente.

Un simple changement de sentiment peut déclencher une rotation des capitaux.


La hausse des taux à l’étranger change la donne

Selon Constan, la principale raison de ce repositionnement est la forte remontée des rendements obligataires en dehors des États-Unis.

Les taux japonais, allemands et d’autres marchés développés ont significativement augmenté. Pour la première fois depuis des années, les obligations internationales offrent à nouveau des rendements attractifs, notamment en cas de ralentissement économique.

Il souligne également une amélioration de l’équilibre entre actions et obligations dans des pays comme le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie, offrant selon lui des rendements ajustés au risque plus intéressants.

Cela pourrait entraîner :

  • Des opportunités plus attractives hors des États-Unis
  • Une meilleure diversification
  • Un affaiblissement du dollar si les flux de capitaux se déplacent

Incertitude politique à Washington

Constan évoque également des facteurs politiques. Il pensait initialement comprendre l’orientation économique du président Donald Trump.

Aujourd’hui, il juge la stratégie moins lisible. Il insiste toutefois sur le fait que sa décision n’est ni idéologique ni anti-américaine.

Il s’agit uniquement d’une analyse des opportunités relatives. Selon lui, d’autres pays proposent actuellement un environnement politique et économique plus favorable aux investisseurs.

Les capitaux recherchent stabilité, prévisibilité et rendement. Si ces conditions sont mieux réunies ailleurs, les flux peuvent s’inverser.


Vers une rotation mondiale des capitaux ?

Après quinze années de leadership américain, le cycle financier mondial pourrait être à un tournant.

Si les grands gestionnaires d’actifs commencent à :

  • Réduire leur surpondération des États-Unis
  • Diminuer leur exposition au dollar
  • Augmenter leurs allocations vers l’Europe, l’Asie ou les économies liées aux matières premières

une rotation structurelle pourrait s’installer.

Ces transitions sont souvent progressives au départ, avant de s’accélérer.


Quelles implications pour les investisseurs ?

Pour les particuliers, liquider l’intégralité d’un portefeuille est rarement une stratégie prudente. Néanmoins, l’avertissement d’un vétéran de 40 ans d’expérience mérite attention.

Questions essentielles :

  • Votre portefeuille est-il trop concentré sur les États-Unis ?
  • Gérez-vous activement le risque de change ?
  • Les marchés internationaux offrent-ils désormais un meilleur rendement ajusté au risque ?

Il ne s’agit pas d’un effondrement imminent des États-Unis. Il s’agit de performance relative.

Les cycles financiers évoluent, et aucune domination ne dure éternellement.


Conclusion

Lorsqu’un investisseur macro expérimenté quitte totalement les marchés américains, cela signale un possible changement structurel.

Les États-Unis restent une puissance économique majeure. Mais le rapport entre risque et rendement pourrait évoluer.

Pour les investisseurs internationaux, c’est peut-être le moment de réévaluer la diversification géographique et l’exposition aux devises.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *