Écrit par Frode Skar, journaliste financier.
L’action Kering s’envole après le plan de redressement présenté par le nouveau CEO

L’action Kering progresse fortement après des ventes trimestrielles supérieures aux attentes
L’action Kering a enregistré une forte hausse après que le groupe de luxe a publié des résultats trimestriels légèrement supérieurs aux prévisions du marché et a signalé un net changement stratégique sous la direction de son nouveau directeur général. Le titre a progressé d’environ 11 pour cent en séance et a atteint près de 14 pour cent à son plus haut, signant sa meilleure performance journalière depuis plus de 17 ans.
Cette envolée est intervenue malgré la poursuite de la baisse des ventes et une rentabilité inférieure à celle des années précédentes. Les investisseurs ont préféré se concentrer sur les premiers signes de stabilisation et sur un leadership plus affirmé, nourrissant l’idée que l’action Kering pourrait approcher d’un point d’inflexion.
Les résultats trimestriels offrent un répit au marché
Kering a réalisé un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros au quatrième trimestre, en baisse de 3 pour cent à périmètre comparable. Ce chiffre s’est néanmoins situé légèrement au-dessus des attentes du consensus, atténuant les craintes d’un ralentissement plus marqué en fin d’exercice et soutenant l’action Kering.
Gucci, la marque la plus importante du groupe, a enregistré un recul de 10 pour cent de ses ventes comparables sur la période. Bien que toujours négatif, ce résultat s’est révélé un peu meilleur que prévu. Les autres maisons du portefeuille ont affiché une évolution stable ou une croissance modérée sur un an, suggérant une certaine stabilisation en dehors de Gucci.
L’action Kering reste pénalisée par un exercice annuel décevant
Malgré la réaction positive du marché, les chiffres annuels soulignent l’ampleur des difficultés auxquelles le groupe est confronté. En 2025, le chiffre d’affaires total de Kering a reculé de 10 pour cent pour s’établir à 14,7 milliards d’euros. Le résultat opérationnel récurrent a chuté de 33 pour cent par rapport à l’année précédente.
La marge opérationnelle est tombée à 11,1 pour cent, pénalisée par des volumes plus faibles, des coûts fixes élevés et un marché du luxe où les hausses de prix ne sont plus facilement absorbées par les consommateurs. Ces pressions ont pesé durablement sur l’action Kering et entamé la confiance des investisseurs.
Le nouveau CEO reconnaît les faiblesses structurelles
Le directeur général Luca de Meo s’est montré particulièrement franc dans son analyse. Il a reconnu que 2025 n’était pas l’année espérée pour Kering et que les résultats ne reflétaient pas le plein potentiel du groupe. Cette transparence a été bien accueillie par le marché, qui réclamait depuis longtemps une reconnaissance plus claire des défis internes.
Arrivé à la tête du groupe l’an dernier, De Meo est le premier dirigeant externe dans l’histoire récente de Kering. Son expérience dans l’industrie automobile, où il a mené un redressement chez Renault au début de la décennie, alimente les attentes d’une gestion plus disciplinée et orientée vers l’exécution.
Gucci demeure déterminante pour l’action Kering
Gucci reste le facteur clé de l’évolution de l’action Kering. La marque traverse une période difficile depuis plusieurs années, marquée par des hausses de prix agressives, des erreurs stratégiques et des changements créatifs fréquents. Cette situation s’est traduite par un affaiblissement de la demande et une perte de dynamisme dans un marché du luxe de plus en plus concurrentiel.
La nomination de Demna au poste de directeur artistique vise à restaurer l’attractivité et la désirabilité de la marque. Sa première collection a été lancée l’an dernier, sans toutefois produire de redressement clair des ventes à ce stade. Les investisseurs scrutent désormais 2026 pour déterminer si Gucci peut redevenir un moteur de croissance pour l’action Kering.
Évolutions structurelles du marché du luxe
Les difficultés rencontrées par Gucci et Kering reflètent également des transformations plus larges du secteur du luxe. Pendant et après la pandémie, la demande a été portée par un excès d’épargne et par des dépenses soutenues des consommateurs les plus aisés, favorisant des hausses de prix généralisées.
Plus récemment, cette dynamique s’est inversée. Le ralentissement économique, en particulier en Chine, a freiné la demande, tandis que des niveaux de prix élevés ont réduit l’attrait pour de nouveaux segments de clientèle. Ces évolutions ont exercé une pression accrue sur l’action Kering par rapport à certains concurrents.
L’action Kering soutient l’ensemble du secteur du luxe
La forte progression de l’action Kering a eu un effet d’entraînement sur l’ensemble du secteur du luxe, avec plusieurs valeurs européennes en hausse après la publication des résultats. Cette réaction souligne la sensibilité du marché à tout signal de stabilisation.
Les actions du luxe ont été durablement sous pression, affectées par des révisions à la baisse des prévisions de bénéfices et par une incertitude persistante sur les perspectives de croissance. Dans ce contexte, même des surprises modestement positives peuvent déclencher des mouvements importants.
Les analystes restent prudemment optimistes
Les analystes considèrent ces résultats comme un progrès précoce mais encore fragile. Si une amélioration est perceptible à l’échelle du portefeuille de marques, le véritable test sera la capacité de Gucci à renouer avec la croissance en 2026.
La maîtrise des coûts, l’efficacité opérationnelle et une allocation du capital plus rigoureuse sont identifiées comme des leviers essentiels pour soutenir une reprise durable et renforcer l’attrait de l’action Kering.
Discipline financière et nouvelles sources de croissance pour l’action Kering
Sous la nouvelle direction, Kering a renforcé son attention portée à la solidité du bilan. La cession de l’activité beauté pour environ 4 milliards d’euros a envoyé un signal clair de discipline financière, visant à réduire l’endettement et à recentrer le groupe sur ses activités principales.
Parallèlement, De Meo a indiqué que le groupe se prépare à investir des segments tels que le bien être et la longévité. Ces domaines sont perçus comme des relais de croissance à long terme susceptibles de compléter la mode de luxe traditionnelle et de soutenir l’action Kering.
Le marché attend des précisions supplémentaires
Kering a annoncé qu’une stratégie plus détaillée et des objectifs à long terme seraient présentés lors de sa journée investisseurs en avril. D’ici là, une grande partie de l’optimisme entourant l’action Kering repose davantage sur des attentes que sur des résultats déjà visibles.
La direction reconnaît elle même que le groupe est encore loin de la position souhaitée et que le redressement prendra du temps.
Perspectives pour l’action Kering
Pour les investisseurs, les prochains trimestres seront déterminants pour évaluer la durabilité du récent rebond de l’action Kering. Le marché attendra des signes clairs de stabilisation des ventes, en particulier chez Gucci, ainsi qu’une amélioration progressive des marges.
Si les mesures structurelles portent leurs fruits, Kering pourrait renforcer sa position au sein du secteur mondial du luxe. À défaut, l’action Kering pourrait de nouveau subir des pressions dans un environnement de marché toujours incertain.
